Among US, entre Carpenter et Thiercelieux

Peut-être êtes-vous passés à côté, vous demandant quel était encore ce jeu mobile gratuit. « Sorti en 2018 ? Rien de nouveau alors » ou encore : « Les espèces de haricots en combis avec un carré gris pour le visage c’est Fall Guys c’est ça ? »  Ou bien avez-vous, comme de nombreux autres ces derniers jours, embarqués dans une mission scientifique prenant place dans un endroit isolé (vaisseau spatial, station aérienne, bases polaire et volcanique selon vos préférences) avec neuf autres compagnons vêtus de combinaisons colorées. Avec une seule certitude au fil des meurtres qui s’enchaînent : « Il y a un imposteur parmi nous ».  

« Il y a un imposteur parmi nous » en anglais « There is one impostor among us ». Le terme « crewmate » signifiant « membre de l’équipage » vous indique que vous êtes bien l’un des innocents de cette mission. Mais qu’en est-il des autres ? 

De quoi parle-t-on ?

Tel est le pitch du jeu Among Us sorti en 2018 et développé par Forest W, Marcus B. (aka Puffballs United pour les vétérans de newgrounds) et Amy L. qui composent à trois le studio Innersloth.  

Un groupe de cinq à dix scientifiques ( ?) isolés doivent accomplir un certain nombre de tâches alors qu’un imposteur (ou plusieurs selon les paramètres de la partie), un parasite polymorphe à la même apparence que vous, tente de les massacrer un par un. Ce qui n’est pas sans rappeler le film d’horreur The Thing, de John Carpenter, où des chercheurs américains d’une base en Antarctique sont confrontés à une créature extraterrestre protéenne assimilant puis imitant l’apparence des membres de l’expédition. Menace omniprésente à laquelle devront faire face les protagonistes tout au long du film, que je ne vous divulgâcherai pas plus. 

La bien connue affiche de Drew Struzan pour le film de 1982 de John Carpenter 

Mais Among Us rappellera également à beaucoup non pas un film, mais un autre jeu, de société d’ambiance lui, décrit en 1997 et sortit en 2001 dans la forme commerciale qu’on lui connaît le mieux en France. Si je vous dis qu’à chaque fois que l’un des membres de l’expédition découvre un corps, ils convoquent une réunion de tout l’équipage à l’issue de laquelle, après délibération, l’un d’entre eux sera désigné par le vote pour être éjecté de la mission, vers une mort certaine (vide spatial, chute vertigineuse ou lave, au choix) en espérant qu’il s’agisse de l’imposteur, cela ne vous dit rien ? Le jeu du Loup Garou évidemment ! Jeu populaire s’il en est dans lequel vous aurez la joie de mentir comme des arracheurs de dents à vos amis pour pouvoir joyeusement ensuite leur planter vos crocs dans le dos. Sans oublier évidement les fantastiques phases de dénonciations calomnieuses et de lynchages publics. Bref, un jeu qui aura su se faire une place comme un incontournable des soirées tranquilles entre plus de 7 ou 8 amis. 

The wolf among us, jeu narratif ‘’point & click’’ de Telltale Game sorti par épisode entre 2013 et 2014 où le Grand Méchant Loup mène une vie de détective privé dans un monde où les contes de fées ont emménagé dans un New York de film noir. Jeu qui n’a pas grand-chose à voir avec notre sujet, hormis la présence d’un loup et son titre contenant ‘’Among Us’’. (Et le fait que je voulais faire une blague avec) 

Rien de nouveau donc. Dans ce cas pourquoi est-ce que ça marche ?  

Aussi populaire qu’il soit, le Loup Garou possède certaines limites (autant dans sa version physique que dans ses variations en ligne). Le principe du jeu repose sur un enchaînement de tours, impossible de faire quoi que ce soit pendant les tours des autres la nuit, à part garder les yeux fermés et attendre le vôtre. Si vous en avez un. Une fois mort, vous n’êtes plus que simples spectateurs. Certes, contempler la trahison dévoilée et les stratagèmes de vos amis peut avoir une part d’amusement, mais rester assis sans pouvoir agir peut vite s’avérer redondant. Un autre reproche que l’on peut lui faire est son manque d’interactivité. Même si cela reste une question de préférence. Un récit vivant grâce à un bon maître du jeu est tout aussi plaisant que la joie de pouvoir se mouvoir et agir en cliquant sur des boutons.   

Weeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

Il n’empêche que ce sont deux points auxquels le gameplay d’Among Us apporte une réponse. La victoire de l’équipage n’est en effet pas que conditionnée par l’élimination de tous les imposteurs. Elle peut aussi se faire par la réalisation de toutes les ‘’tâches’’, des sortes de mini-jeux à réaliser partout sur la carte selon une liste donnée. Missions que vous pouvez toujours réaliser (à l’état de fantôme) après votre mort. Mais l’interactivité se reporte aussi du côté des meurtriers. Ici pas de vote à chaque tour pour désigner la victime. Il revient à vous de repérer, poursuivre et éliminer votre proie tel un parfait Michael Myers, Carpenter toujours (a moins que vous soyez plus un Jason, ou tout autre antagoniste de slasher qui vous sied le mieux). Vous n’êtes donc pas limités à une victime par nuit (vous l’êtes cependant par un ‘’cooldown’’ [terme emprunté au vocabulaire guerrier des armes ayant besoin de refroidir entre chaque utilisation, utilisé dans les jeux vidéo pour désigner le temps de rechargement d’une capacité] entre chaque meurtre). Dans votre arsenal vous disposez également du panel de conduit (‘’vent’’) pour vous déplacer plus rapidement à travers la base, ainsi que la possibilité de saboter des éléments du vaisseau (électricité, lumières, portes, communication, réacteur, oxygène) pour mettre en place des pièges mortels ou tout simplement entraîner directement la perdition de la mission. En riposte les victimes en puissance ont accès à des caméras, outils de surveillance ainsi que des missions particulières leurs permettant de s’innocenter aux yeux des autres. 

La joie simple de relier des fils de couleurs en attendant que le meurtrier vienne vous cueillir. 

Point négatif cependant, en partie en ligne, toute la négociation ne se fait que par le biais du chat textuel intégré au jeu, on perd donc de beaucoup en interactivité sociale. Problème que des parties ‘’locales’’ ou en lignes privées avec vos amis en connexion vocale (sur discord par exemple) peuvent facilement combler (au moins en partie).  

Bref, un jeu efficace qui saura occuper vos soirées entre amis tout en respectant les distanciations sociales ! 

Pour aller plus loin :  

Innersloth : http://innersloth.com/About.php  

Among Us est disponible pour 5$ (ou plus si vous voulez) sur Itch.io , sur la plateforme Steam au prix de 3,99€ ,et gratuitement sur le Google Play store dans sa version mobile.  

Si vous désirez jouer avec d’autres vous pouvez nous rejoindre sur le serveur discord : “Les Joyeuseté Estudiantines” (extension de jeu du serveur de l’UCBL 1 SVT) https://discord.gg/nsYnAUS  

L’histoire de l’explosion en popularité d’Among US (en anglais)  :

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