La Tokyo Skytree, élevée contre les forces telluriques

Photo de la tour de tokyo

©Eckhard Pecher

Culminant à 634 mètres, la Tokyo Skytree est actuellement le deuxième édifice du monde en terme de hauteur, derrière le gratte-ciel Burj Khalifa à Dubaï. Elle s’élève à Tokyo, dans le quartier Sumida-ku. Sa construction a débuté en juillet 2008 et devait s’achever en 2011, mais s’est finalement terminée le 29 février 2012 à cause d’un retard lié au séisme de mars 2011. Elle a été inaugurée le 22 mai 2012.

La tour ne comporte aucun bureau ni habitation -seulement un maillage autour d’un pilier de béton, et sert uniquement à la transmission d’émissions en numérique. Elle mesure presque le double de la Tour de Tokyo, ce qui lui permet de diffuser sur une surface plus grande. De plus, deux plate-formes d’observation à 350 et 450 mètres de hauteur offrent une vue sur la ville et au-delà.

Mais le plus impressionnant est l’incroyable défi à la nature que représente cette géante. Le 11 mars 2012, lors du séisme qui a ravagé le nord-est du Japon, elle mesurait déjà 625 mètres. Les responsables de la construction n’ont constaté aucun incident ni anomalie sur sa structure, même si l’épicentre du séisme se trouvait loin de la tour. Cette dernière devrait être capable de résister à un séisme de magnitude 7 dont l’épicentre serait situé sous elle-même.

Comment cela est-il possible?

Tout d’abord, ses trois pieds offrent à la tour une stabilité maximale et la plate-forme en son milieu est cylindrique, permettant une meilleure résistance aux vents. Ensuite, elle est composée d’un pilier de béton central de huit mètres de diamètre entouré d’une structure métallique externe. Lorsque celui-ci est poussé par des vents violents, par exemple, il se balance dans un sens. Des mécanismes amortissent ses déplacements, mais il se retrouve à un bout de la structure externe. La différence d’amplitude entre les deux permet alors d’absorber la moitié de l’énergie qui frappe la tour.

Cette technique s’inspire d’une plus ancienne qui consiste en la mise en place d’un pilier central indépendant autour duquel s’articulent plusieurs étages. L’ensemble est tenu par cette « colonne vertébrale» et résiste ainsi aux vibrations et aux tremblements. La technique a été utilisée depuis le VIIIe siècle pour construire des pagodes s’élevant jusqu’à 50 mètres de hauteur, dont certaines sont encore debout aujourd’hui. Mais bien plus haut encore que les pagodes, c’est l’ «arbre des cieux de Tokyo», planté en plein cœur de la ville, qui dresse maintenant fièrement ses branches face aux séismes.

Manon L.

Sources: National Geographic
 

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